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7 avril 2009

Interview de Joseph Kfoury en Design transport

Classé dans : Non classé — Catalarem @ 20 h 22 min

Joseph Kfoury en Master en Design Transport en partenariat avec la marque Lamborghini.

Que fais tu actuellement ?

Je m’appelle Joseph Kfoury, et je me trouves à Milan en ce moment, dans un école de design appelée SPD (Scuola Politecnica di Design)
Je fais un Master en Design Transport en partenariat avec la marque Lamborghini.

Comment t’es tu retrouvé chez Lamborgini ?

Après avoir eu mon bac Scientifique au Liban, je me suis tourné vers Paris pour étudier le Design Transport (auto, moto, bateau).

J’ai passé les exams aux 2 écoles de Paris qui enseignent cette spécialité (Créapole- ESDI, et Strate College), j’ai été accepté aux 2, et j’ai fini par choisir Creapole en fin de compte pour son immense carnet d’adresses notamment à l’étranger, et faut avouer que son emplacement en plein milieu de Rivoli a son charme   :)

J’ai eu mon master (M2) au bout de la 5ème année, en mai 2008,  me suis pris un peu de vacances puis commencé à refaire mon portfolio afin de pouvoir l’envoyer aux compagnies et avoir du boulot.
En faisant cela, je tombe sur internet sur l’annonce de l’inauguration du master chez SPD en collaboration avec Lamborghini, et que des bourses seraient offertes.
Je les contacte par simple curiosité tout d’abord, j’envoies un bref aperçu de mon portfolio en ligne, et un mois plus tard on me recontacte pour me dire que j’avais gagné une des 4 bourses offertes par Lamborghini.

J’ai accepté avec un peu d’hésitation au début, après tout je voulais quand même commencer a gagner mon pain, non pas me retrouver avec une 6ème année d’études, mais en voyant l’état du secteur automobile en ce moment avec la crise, je me rends compte que j’ai très certainement fais le bon choix, sinon ça aurait été chômage garanti, ou bien free-lance en design produit au mieux.

Ici je m’améliore au niveau technique, j’obtiens un double master, une autre langue sur le CV, plus de contacts, etc…

Joseph Kfoury

GM (General Motors) Eccho Véhicule écologique dont l’ouverture des portes s’inspire des ailes d’un scarabé

Que pensais-tu de ton école ?

Première année préparatoire, histoire d’orienter les étudiants (bien que peu nécessaire pour moi et les gens de ma section en général, le choix est souvent fait bien avant, c’est un métier de passionnés d’automobile surtout), suivie de 4 années de spécialisation, un premier diplôme en 3eme année, mais s’arrêter là serait ridicule, il faut aller jusqu’au master de 5eme année.

Au tout début les mauvaises rumeurs qui circulaient a propos de Créapole et le fait que ce ne soit pas reconnu par l’État, juste par les compagnies, nous faisaient peur…
J’ai souvent remis en question mes choix, mais en fin de compte, et avec le recul, j’ai été plutôt pas mal formé a Creapole, à savoir qu’on nous y apprend à PENSER, que ce soit au niveau marketing ou nouvelles technologies et matériaux, et à  mettre de la philosophie derrière le Design et non seulement dessiner de belles lignes, et pour preuve, je me débrouille plutôt très bien ici, alors que j’ai en face de moi des gens de partout dans le monde (16 nationalités dans ma classe, sur un total de 24 élèves), qui justement, agissent pour la plupart en tant que simples dessinateurs ou stylistes, au lieu d’être des concepteurs, comme on m’a appris à faire à Paris
(Ehhh oui, ceci est un compliment direct à la France entière d’ailleurs, les français, vous savez penser !!!  Les ritals, ça focalise un peu trop sur le simple superficiel “sensuel” :D )

Faire travailler la mémoire

Lotus Exquise basée sur un corset

La seule chose que j’ai pu reprocher à Creapole par le passé, c’est le manque de niveau technique par rapport au théorique, et que plein de gens dans ma section tout comme moi, ont dû apprendre à dessiner, mettre en couleur (markers ou palette graphique), modéliser en 3D et faire des maquettes presque tout seuls, les profs ne donnant que les bases (le système D c’est pas mal, certes, mais quand on paie une école si cher….on s’attend a plus)
Mais ça change aujourd’hui avec un nouveau management mis en place dans ma section, et la réputation de l’école au sein de l’industrie s’améliore considérablement depuis quelques années, et sinon pour les autres sections, notamment en Design Produit et Communication Visuelle, l’école se débrouille plutôt très bien, quasiment tout le monde de ma promotion dans ces 2 secteurs a trouvé un boulot à la sortie de Master.

L’ambiance et la vie étudiante au sein de Creapole sont formidables également (surtout au niveau du brassage culturel très très enrichissant).

Faire travailler la mémoire

Peugeot Pixel remplaçante hypothétique du Ludix

À quelles poursuites d’études celà t’engage t il ? Que compte tu faire l’année prochaine ? / À quelle insertion professionnelle ?

L’idéal, pour moi, en sortant de mon école en OCT 2009, serait un emploi en tant que designer (extérieur ou intérieur) chez l’une des grosses compagnies automobile ou les grands carrossiers.
Des fois , certaines boites nous cataloguent dès le départ, soit en tant que “styliste”, soit en tant que “modélisateur 3D”, sans jamais mélanger les 2 malheureusement, ce qui risque de devenir frustrant au bout de quelques années, mais bon…
D’ailleurs, un designer ne fera plus jamais des maquettes une fois embauché, presque à coup sur, ils ont des modeleurs professionnels que l’on pourrait simplement assister ou guide, sinon des Fraiseuses à 5 axes de folies pour faire les maquettes à partir d’un fichier 3D (en gros juste une façon très cool pour dire imprimante 3D :D)

L’avantage d’un designer auto c’est qu’on peut se diversifier, se recycler comme on dit, en produit voir même en communication visuelle pour certains, ce domaine étant plutôt très restreint…

Concours Chaumont 2009,

GM Insight destinée aux USA et spécialement adaptée aux personnes en Surpoids

Quelles sont les qualités attendues chez un futur élève de ta section ?

Imagination courante mais sans oublier le réalisme, un minimum de savoir faire et de faisabilité,
Diversifier, s’éduquer soi-même, à savoir ne pas rester coincé dans l’automobile, le design s’étends sur le meuble, l’architecture, le graphisme, l’art des fois etc. etc…
Polyvalence si possible, (allant du dessin à main nue jusqu’à la réalisation de maquettes a l’échelle 1:4 en “Clay”, en passant par le 3D) …ça ouvrira bien plus des portes
Etre prêt à se déplacer et suivre son boulot, parler ANGLAIS, très très important, c’est un métier international après tout
Travailler en équipe est un Must! et d’ailleurs ne jamais tomber amoureux de sa création, car après l’intervention des ingénieurs et des gens en marketing, le design changera dans sa quasi totalité, donc il  faudra avaler sa fierté et accepter les critiques des autres et travailler du mieux pour convaincre et VENDRE son design et l’intégrité de son idée…faut lutter pour son design :)

Aurais tu quelques travaux à nous montrer ?

Sur mon site internet brillamment réalisé par le Catalan !

Et bien merci Joseph pour cette interview franche et forte en chocolat !

6 avril 2009

Interview de Médéric Mille en licence d’arts appliqués

Classé dans : Non classé — Catalarem @ 17 h 42 min

Médéric Mille en 3° année de licence d’arts appliqués à l’Université de Toulouse 2 Le Mirail.

Je m’appelle Médéric Mille. Après un Bac scientifique, j’ai fait une MANAA à l’ENSAAMA sur Paris et j’ai poursuivi dans la même école en BTS Communication Visuelle. Je suis actuellement en troisième année de licence d’arts appliqués à l’Université de Toulouse 2 Le Mirail.

Que fais tu dans ta section, concrètement ?

Nous pouvons partager les cours en deux parties : une partie théorique et une partie pratique. En effet, étant à l’Université, nous profitons de professeurs-chercheurs et ainsi on a des cours tels que analyse des arts appliqués, sociologie des arts, histoire de l’art, analyse des arts appliqués. Ce qui est intéressant c’est que chacun des professeurs ont une spécialité et font leurs cours suivant leur recherche. Nous changeons de professeurs à la fin du semestre qui permet de repartir avec des enseignants différents. Précisément, le cours d’arts numériques que l’on a eu au premier semestre était pour moi très particulier, il était vraiment passionnant, très intensif en théorie pour comprendre l’évolution des arts numériques mais aussi au niveau des exemples que l’on a pu voir.  Je dirais que c’est la partie la plus différente d’un cursus de BTS, un savoir important au niveau des arts et de leurs compréhensions.

Faire travailler la mémoire

Sur le sujet “design de grand-mère” j’ai créé des manuels obsessionnels qui occupent le temps, permettent de faire travailler la mémoire et quelques fois rendent fou.

Dans  la partie pratique nous avons une spécialité  à choisir, j’ai choisi “cadre de vie” qui est un cours de création par rapport à notre environnement. Les projets sont divers : concours “europe by designer” (qu’est ce que représente l’Europe pour vous?), concours “betwin”(sujet architecture, urbanisme). Un cours de communication visuelle où cette année nous avons travaillé essentiellement sur de la vidéo et concours Chaumont. Nous avons cours d’expression plastique dirigé essentiellement par des artistes plasticien. Le cours de projet est notre cours principal, les sujets sont assez conceptuels dans le sens où l’on ne comprend pas toujours au premier abord, quelques exemples : ma grand mère fait du design, créer un objet à l’aide d’une pomme et de Dr Jeckyll et Mr Hide, négociation d’1 mètre cube,…

Complément de signalétique

Le ruban adhésif “cm3/s” est un complément de signalétique qui permet d’intégrer la notion de temps par le déplacement dans l’espace. Ajoutez une autre dimension aux signes, mesurez du temps, découpez du temps, affichez la dimension t, “Négociez de l’espace-temps!”

Enfin nous avons un cours de séminaire. Il s’agit d’un sujet personnel auquel on doit répondre, une sorte de mini-mémoire. On s’impose une problématique et on se pose des questions, on rédige, on produit pour arriver à constituer une recherche importante. C’est un cours qui demande beaucoup d’investissement personnel.

Vidéo pour promouvoir les activités du CIAM (Centre d’Initiatives Artistiques du Mirail), le cinéma par exemple.

Je n’ai pas vraiment parlé de l’orientation générale de la licence. Nous ne pouvons pas le cacher, l’ensemble des professeurs pour les cours de projets sont essentiellement orientés vers le design produit. Cependant,  il est possible de diriger autrement le sujet dans la mesure où l’on y répond et  où l’on sait défendre ses projets (graphisme, textile, architecture,…). C’est très libre si l’on veut, on peut très facilement s’approprier les sujets comme des projets personnels. En ce qui concerne une classe d’université, c’est vraiment très difficile car nous sommes livrés à nous même. Nous sommes 60 élèves dans une classe autant vous dire que les professeurs ne connaissent aucun prénom si ce n’est ceux qui se mettent en avant. Il est très facile de se faire oublier (ou plutôt de ne pas se faire connaître) et de fuir la fac. Il faut savoir s’imposer une rigueur et profiter de cette enseignement. Pour ma part j’apprécie vraiment cette formation, je trouve qu’elle est très bien après un BTS. Après une formation comme le BTS en arts appliqués qui est très intensif et professionnalisant, il s’agit là d’une possibilité de reprendre ce que l’on a appris vers des sujets plus personnels où l’on peut prendre plus le temps de se les approprier. Ce qui est bien aussi c’est d’avoir une équivalence et de rentrer en licence 3 et d’obtenir à la fin de l’année un bac+3.

Europe by Designer

Concours Europe by Designer : qu’est ce que l’Europe signifie pour vous ?
Une unité, des unités.

À quelles poursuites d’études cela t’engage t il ? Que compte tu faire l’année prochaine ? / À quelle insertion professionnelle ?

Pour ma part, je souhaite intégrer une classe de DSAA communication visuelle car cet enseignement me permettra de pousser ma réflexion sur le graphisme, notamment avec la rédaction d’un mémoire en deuxième année. Si je n’ai pas cette formation je pense poursuivre en master car c’est un bon équivalent pour continuer une recherche liée au graphisme et pouvoir à côté de cette formation commencer une activité professionnelle.

Après une licence en arts appliqués il me semble que c’est très difficile d’avoir une insertion professionnelle c’est pour cela que je trouve bien de faire une licence en équivalence après un BTS. La plupart des personnes de ma classe ne se sentent pas après 3 ans à la fac de commencer à travailler.

Concours Chaumont 2009,

Concours Chaumont 2009, “avoir 20 ans”, pour moi avoir 20 ans c’était avant un truc chiant : la recherche du stage, quelque chose qui est vrai pour tous.

Que penses tu de ton école ?

L ‘Université manque énormément de moyens c’est pourquoi les élèves ne se sentent pas capables de commencer à travailler directement après une licence. Il n’y a pas d’ordinateur et donc aucune formation technique possible sur les logiciels… Il faut tout faire de soi-même. Il n’y a aucun budget pour rien. La seule chose qu’il y a chaque année en Licence 3  est un workshop, cette année par exemple il s’agissait d’un travail avec Luki Huber (designer espagnol), deux semaines à Barcelone, mais avec une sélection de 7 élèves sur la classe. C’est un bon début, les professeurs font le nécessaire pour faire bouger les choses mais c’est difficile.

Quelles sont les qualités attendues chez un futur élève de ta section ?

Les qualités attendues sont principalement de la rigueur, car à la fac il n’y a pas d’appel, pas d’absence à justifier, on ne connaît pas ton nom, on ne t’attend pas. Tu dois montrer ton travail, montrer que tu as envie de faire des choses. Les professeurs veulent des gens réactifs qui viennent avec ce qu’ils ont fait sinon il vaut mieux rester chez soi. Motivation et création.

Aurais tu quelques travaux à nous montrer ?

Sur mon site !

Et bien merci Médéric pour toutes ces explications !